La St-Jean fœtale

La St-Jean fœtale

C’est le 23 juin aujourd’hui.  Également synonyme de « Gros party aux Plaines » ce soir.  Cependant, pour ceux qui suivent l’actualité, Labeaume et compagnie ont décidé d’imposer certaines règles pour empêcher que la fête ne vire en une beuverie incontrôlable.  Mea culpa, c’est notamment à cause de jeunes fougueux irresponsables comme moi.  (Bon d’accord, j’suis pas si jeune, mais clairement, c’est pour éviter des comportements comme les miens que des lois ont été modifiées cette année).

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de vous partager mon récit des Plaines 2010.  À l’origine, il s’agissait d’un Email envoyé à une amie, avec tout le vocabulaire bâclé et points d’exclamations que ça implique.  Vous aurez donc droit à une version légèrement modifiée/censurée afin que le tout soit lisible (du moins je l’espère).  Soyez indulgents pour le français parfois approximatif…

J’profite de l’occasion pour souhaiter bonne fête à ma sœur Élizabeth qui aurait sans doute préféré être née le 22 ou le 24… :)   Bonne fête Betty, je t’aime xxx

———————————

[…]

 

Voici mon récit de la St-Jean !  Je sais pas si c’est tannnnnt drôle, mais comme tu sais, à la base, j’aime pas beaucoup boire et je ne suis pas un super fan des rassemblements de masse de type St-jean… alors j’imagine (espère) que ça ajoute une touche d’ironie qui rend ça comique! : )

Jutras et le binge drinking
J’ai commencé à préparer mon départ vers chez Vicky (Vicky, Paul, Bastien, un autre ami et sa blonde m’attendent) vers 10h30 pm.   Par préparer j’veux dire : commencer à boire!  Alors j’enfile 3 bières en 10-15 minutes, question que l’alcool rentre touuuut de suite après mon arrivée chez Vicky.   Je pars aux environ de 10h50 pm, j’laisse mon portefeuille à la maison vu que j’ai « l’intention de l’échapper à soèrrrre! », mais je m’amène ~25-30$ dans mes poches néanmoins.

J’arrive chez Vicky vers 11 pm, on m’accueille avec une bière en rentrant, puis une autre… puis un shooter, puis un autre shooter … ensuite une bière à l’abricot et un autre drink quelconque.  En route vers l’autobus, je m’amène un restant de bouteille de Bailey’s que je cale illico.

Y doit être environ 11h30 pm et j’ai tout bu ça en dedans d’une heure.  Et étonnamment, je me sens quand même bien !  Réchauffé un peu, mais sans plus.  On sort de l’autobus et on marche en direction des plaines.  Tout va bien jusqu’ici, y est presque minuit, y fait beau et chaud et les Cowboys jouent en avant.  À noter que j’me sens encore bien …. du moins je le croyais!   Là je dis plusieurs fois aux gars : « hey les gars j’veux aller uriner ! » (pour une raison quelconque, saoul j’trouvais ça ben drôle à dire et à répéter).   Les gars me répondent : « ben on va y aller avec toi, ça serait bête qu’on se perde de vue tu suite en rentrant! »

 

Quand Xavier rime avec échapper (version Xavier)
J’ai eu le temps d’écouter une chanson des Cowboys (fouille-moi laquelle!), je file en direction des urinoirs avec les gars, je vomis en chemin (à travers la foule) une bonnnnnne quantité de liquide !  Bing bong badabong et c’est partiiii pour le jeune Jutras!   On continue notre route, tout le monde pense (y compris moi) que j’suis ben correct, que c’était un coup à donner.  Rendu à destination,  on pisse à tour de rôle.  Et là, de c’que je me rappelle, j’suis incapable de considérer revenir dans foule, ça tourne trop, je file pas pantoute, l’alcool vient de rentrer dans mon sang bigggggggg time!   De mémoire, j’me suis écrasé à terre pis j’me suis remis à vomir avec mes amis qui restaient autour et parlaient sans arrêt; j’comprenais tout ce qu’ils disaient, mais j’étais incapable de répondre ou de traiter vraiment l’info.   Bref, j’me couche dans l’intention de dormir et j’me dis qu’y vont finir par partir.

 

Première batch de mamans
J’me fais réveiller par une gang de monde qui me “pokent” pour voir si j’suis en vie.  Comme je réagis, y sont heureux et commencent à me parler.  Là les filles là-dessus, vous êtes toutes pareilles.  Vous voulez donc prendre soin du gars/fille qui pige à moitié c’que vous dites roulé en boule à terre.  Comme de fait, une fille du groupe essaye de me convaincre de les suivre je sais pas où.  Je refuse évidemment parce que je suis incapable de me lever ni même de dire plus que 3 mots par phrase.  Y commence à faire plus froid et… une petite pluie commence à tomber.  Alors je décide d’utiliser la même stratégie qu’avec les gars : j’me roule en boule pis j’me dis qu’y vont finir par partir!   J’fais des thumbs up pour leur dire : « tout est sous contrôle, circulezzzzzz! »  Les gars comprennent le message et les filles s’ostinent avec les gars à savoir si y acceptent de me laisser en plan ou non.  Faut croire qu’y ont fini par partir… c’t’un peu flou, mais je pense que c’est eux qui ont fini par me convaincre d’aller au moins à côté de l’arbre (fouille-moi lequel, y était peut-être à 5 m parce que j’me rappelle pas avoir marché).

 

Parenthèse
J’viens d’avoir le flash que quelqu’un – à un moment donné – a essayé de rentrer sa main dans mes poches.  L’histoire dit pas s’il voulait me voler ou savoir mon identité, sûrement la première option.  Mais même si j’tais saoul mort, j’tais encore au courant que mon argent était dans ma poche droite et par conséquent j’ai juste tassé la main de la personne pis y a pas insisté!

 

2e batch de mamans
Y pleut en tabarnak![1] Un bon 7-8/10;  le genre de pluie intense qu’on s’étonne tjrs que ça puisse tomber autant et aussi longtemps.   Pas une grosse pluie tropicale, mais juste une bonne pluie plus que la moyenne.   Une 2e gang me prend en pitié parce que j’suis en position fœtale au milieu de nulle part.  (à noter que j’ai aucune espèce d’idée d’où j’étais sur le site).   L’arbre en question devait être un bébé parce que j’ai pas l’impression d’avoir manqué une seule goutte! Même scénario : les filles capotent, les gars me prennent cette fois-ci un peu plus en pitié (j’devais vraiment pas être chic à voir, j’étais rendu les mains dans mon gilet en position fœtale sans bouger pis la tête rentrée dans mon polo un peu comme une tortue.  Ils finissent par me convaincre d’aller dans un mini chapiteau pour éviter la pluie (à noter que c’est p-e une 3e batch de gens qui m’ont convaincu, c’est un peu flou),… alors je marche une dizaine de mètres je présume et j’me ramasse dans un chapiteau qui peut contenir disons… 75 personnes max ben cordés? Évidemment c’est plein.

 

L’oreiller de fortune
Évidemment comme tout le monde est bien entassé, y a pas vraiment moyen de dormir là.  Par contre, j’étais pas encore assez dégrisé pour pouvoir me tenir debout.  À l’entrée du chapiteau à droite, y avait un semblant de boîte en carton avec des bouteilles vides de Pepsi!  « Ostiiiie de bel oreiller ça!! » me dis-je bien excité de ma trouvaille.   Je reste debout à contempler ma “proie”,  j’me penche un peu comme si j’voulais faire ça subtil pour pas que le monde s’en rende trop compte (quel épais!) … j’fais ça 15-20 secondes pis zip zoup j’suis de retour à terre en boule avec mon nouvel oreiller.

 

Circulezzzzz
J’me refais réveiller par un gars d’la sécurité qui me demande de sacrer le camp … moi et les 100 000 autres personnes!  Y est 5 am et y ferment le site.   J’suis complètement, mais complètement gelé, j’déteste ma vie à facile 8/10 rendu là.  Là j’finis par me lever.  Le gars d’la sécurité a l’air inquiet de mon sort, me demande mon nom pis toute juste au cas.  Là je pars en direction des toilettes pis y me crie : « reste pas pogné en dedanssss là! » (hahah sympathique lui)  J’avoue que c’aurait pu être une option, mais c’est tellement dégueulasse une toilette chimique que j’pense pas que j’aurais été capable… anyway j’m’endors juste couché et y a pas de place pour ça là.   Bref, je ressors biennnn biennnn congelé, les bras croisés en-dessous de mon gilet, mais à ma grande surprise, j’suis comme pu saoul pantoute.  Juste ben fatigué pis gelé, mais la combinaison des 2 fait que je focus juste sur la rue que j’ai à atteindre.  Bref un bon mindset pour me claquer une heure de marche…

 

Logique 101
J’arrive finalement chez Vicky (à 6 am)  dans le but de reprendre mes clés, changer de gilet, pis sacrer l’camp chez nous.    La porte est barrée.  Soyons logique mon cher Jutras; considérant qu’on était moi Bastien, Bree, sa blonde Paul et Vicky, c’est impossible qu’ils aient barré la porte, surtout que c’est peu probable qu’ils soient restés ensemble toute la soirée sans se perdre de vue.  De là… j’ai 2 options ;
1. Dormir devant la porte
2. Subway à 10 min de marche (j’avais tellement faim et soif!)
Évidemment, j’ai choisi l’option 2.   J’vais donc manger un sous-marin et j’m’assure qu’y soit bien gras, question que c’est le meilleur truc pour revenir d’une brosse.   Ensuite, je décide d’aller direct chez nous.  J’appelle un taxi pis je file au 3637.  Ma seule crainte était que Julien (coloc) aie décidé d’aller coucher chez sa blonde.   J’arrive au 3637 vers 6h40 am … Julien est pas là ! Portes barrées de bord en bord de la maison (j’m’étais assuré personnellement de toutes les barrer avant de partir en plus!).  Fuck-e!  … Me reste 8.50 $ dans les poches, pas de cell, pas de maison, y pleut tjrs et j’ai tjrs excessivement froid.  Je pars marcher en direction du dépanneur pas loin de chez nous (10-15 min marche), appelle un taxi  (~7 am) pis j’dis au chauffeur de me conduire pour 8.50$ en direction de chez Vicky.   Hélas, c’était au mieux 60% du trajet.  Alors, j’ai dû remarcher un autre 15-25 minutes.  Y est environ 7h30, j’arrive chez Vicky c’est encore barré.  Je décide de cogner fort.  Rien.  je recogne fort, rien.  je recogne, rien.   J’arrive pour partir et finalement la porte s’ouvreeee!!  Theeee fuck qu’y ont barré la porte!? …  Évidemment, Vicky y aurait pensé à ce genre de détail, mais Paul, c’t’un gars alors y a oublié ce genre de détail pis y a barré comme y barre toujours.   Jase jase jusqu’à 8 et pis à 9 j’tais supposé aller déménager mon amie pis j’me sentais tout de même en très bonne forme (relativement).

 

La fin du périple, bilan
Rien à déclarer vraiment en fait.  J’ai pris mon auto, j’me suis rendu chez nous en me sentant pas très bien et soudainement très fatigué.  Mon plan était encore à ce moment-là : prendre une douche, repartir chez Karo l’aider à déménager.  Arrive chez nous, j’laisse faire la douche, j’me couche dans mon lit, je texte Karo pour y dire que je serai pas là pis j’m’endors!   kaboom!

Ah oui pis j’ai tellement forcé en vomissant que j’ai les 2 yeux avec des hémorragies dedans… j’sais pu le nom, mais en gros, le blanc de mon œil est maintenant le rouge de mon œil…rouge vif à part ça.  Pas mettons avoir les yeux rouges parce que t’as braillé, c’est carrément du sang dans les yeux.  Mais paraît que c’est comme un bleu mettons… c’est rien de dangereux pis ça va partir en une semaine.  Mais c’est looké en tout cas ! :)  J’hais pas ça!

Par contre, j’ai l’intérieur des cuisses qui chaufffffe!   J’avais mes shorts blanches que j’avais en Espagne, en tissu raide.  Semblerait que ça dans la pluie, quand tu marches, ça frotte.  Bref, je me suis carrément irrité au sang les 2 intérieurs de cuisses, pis ça fait vraiiiiment mal.

 

Quand Xavier rime avec échapper (version Paul)
En parlant avec Paul, j’ai eu droit à sa version des faits sur la soirée d’hier qui va comme suit :
Ben là t’as vraiment bu vite, mais t’avais l’air OK.  Dans l’autobus, t’avais l’air encore ben correct, mais t’as bu un shitload de Baileys juste avant fak j’tais quand même inquiet de ton sort.  Rendu aux plaines ça avait l’air pas si pire, t’as lâché 2-3 calls bizarres, mais sans plus.  Pis là tu t’es mis à dire non stop que tu voulais aller uriner.  Fak on t’a suivi pour pas te perdre de vue tu suite.  Tu décides de vomir en chemin une quantité impressionnante de liquide.  Là on s’est dit que tu serais OK.  On est tous  allés pisser à tour de rôle pis toi après ça tu t’es remis à vomir.  Là t’es allé t’accoter contre un arbre pis tu te tenais fort à une branche pis t’as trouvé le moyen de la casser.  Là notre plan était de te ramener chez nous en taxi ou de quoi dans l’genre, mais t’as disparu!!!   On s’est splittés les 3 pour te chercher pis on t’a jamais trouvé.  Fak Bastien a dit “Yé tellement orgueilleux qu’y a dû partir de lui-même”
(quel imbécile, j’suis tellement le moins orgueilleux au monde pour ces affaires là, la preuve : j’étais roulé en boule juste à côté d’eux à me faire poker par des inconnus).  Fak y ont abandonné les recherches. (L’histoire dit pas pourquoi j’ai disparu, je sais pas si j’ai effectivement marché ou si y ont juste pas bien regardé, je sais vraiment pas, mais considérant mon état, c’est sûr que j’étais pas ben loin!!)  Quand y s’est mis à pleuvoir des cordes, on s’est dit  “Chanceux Jutras, au moins y va avoir évité la pluie!”  “D’après moi y va nous attendre à dormir à l’entrée d’la porte”…     Finalement quand on a vu que t’étais pas à l’entrée d’la porte, on a déduit que t’étais reparti chez vous sain et sauf.

Voilààààà pour cette pathétique St-Jean!

[…]

——————-

À qui de droit, bonne St-Jean!

 

 

 


[1] Désolé, ça ne se censure pas vraiment, fallait être là sinon pour comprendre …

 

If you enjoyed this article, please consider sharing it!
Icon Icon Icon

Related Posts