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22 mai 2012. 22 heures de négociations au total après 100 jours de conflit.  C’est ce que le gouvernement a offert à son peuple jusqu’ici.  Ça et une loi matraque, en espérant que le mouvement étudiant se détraque.  Bien loin d’être sur le carreau, les Rouges et les nouveaux opposants à ce non-sens démocratique aident à alimenter le chaos.

Si une loi est injuste, on a le devoir moral de lui désobéir.  C’est ce que des dizaines de milliers de personnes ont décidé de faire aujourd’hui (hier) et même si je n’y ai pas participé, cette entrée de blog est ma façon de manifester mon soutien à tous ces gens qui se battent pour une cause qui dépasse leur singulière individualité.  Les dirigeants du PLQ et plusieurs observateurs s’attendaient – au tout début des hostilités – à ce que ça soit a walk in the park.  Ils avaient raison pour la marche, mais les manifestants ont plutôt choisi la rue pour faire leur marque.  Un carré rouge, pour que les choses bougent.

On voulait dépeindre les étudiants comme étant de jeunes blancs-becs désorganisés.  On a plutôt constaté que bien qu’inexpérimentés, ils étaient drôlement articulés.  On a cherché à convaincre le peuple qu’ils étaient des enfants gâtés.  Force est d’admettre que la tactique a connu quelques ratés.  On a même été jusqu’à insinuer qu’ils étaient des incultes bornés, alors que depuis le début, ils s’informent et ne demandent qu’à cesser de se chicaner. Enfin, on pensait qu’ils allaient s’essouffler alors qu’en réalité ils ont continué à s’époumoner malgré les jets de poivre et les gaz qui brûlent la trachée.

Refusant d’admettre que les carottes étaient cuites, le PLQ n’a eu d’autre choix que de lancer l’odieux projet de loi 78.  Ceci n’avait rien d’improvisé. Ce n’était que l’ultime recours prévu depuis longtemps par Charest et ses amis haut placés. Des gens ont commencé à se réveiller.  Ce qui était en train d’arriver dépassait largement les limites de l’acceptabilité.  Même le Barreau l’a fortement déconseillé.  À quel point peut-on tolérer un parti politique qui fait fi des principes de base de la démocratie dans notre société?

C’est un fait que la majorité des gens vont avoir tendance à voter en fonction de ce qui va les avantager eux et/ou leurs proches, plutôt que de penser à la collectivité[1].  Sans dire que le peuple ne devrait pas parler, comment peut-on donner du poids aux sondages alors que les questions sont biaisées?   C’est à croire qu’on a cherché dès le départ à nous baiser.  La vraie question aurait dû être : aimeriez-vous voir votre gouvernement négocier avec les associations étudiantes les termes associés aux éventuelles hausses des coûts universitaires?  Or, jusqu’à présent, les questions qui ont été posées ont été absolument déloyales et tendancieuses de façon à nous faire taire.

Le gouvernement se plaint depuis toujours des faibles taux de participation aux élections.  Les gens, dit-on, sont désintéressés, désillusionnés.   Je vous dis chapeau les Libéraux pour votre travail de création.  Vous êtes en train d’engendrer une nouvelle génération de jeunes cyniques parce que vous aurez décidé sciemment de nous berner.

À tous ceux qui de près ou de loin contribuent à faire que le mouvement gagne du terrain, je vous dis merci.  Que ce soit pour contrer la loi spéciale ou pour empêcher une hausse démesurée, chaque effort déployé compte. C’est à travers nos rassemblements pacifiques que pourra prendre tout son sens le mot démocratie.  Et j’aime penser que c’est également en ayant cette attitude et cette ouverture que les Libéraux finiront par écouter sous peine d’être couverts de honte.

100 fois merci.
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