Les moldus de la synchro (Timing part II)

Les moldus de la synchro  (Timing part II)

À tous les apprentis sorciers qui ont lu la première partie[1] et qui rêvaient d’améliorer leur sort, vous êtes possiblement à la bonne place.  Je vous souhaite la bienvenue.  Pour les sceptiques et gens égarés sur l’autoroute électronique, restez en ligne malgré tout (vous pourriez gagner un t-shirt).  Sans avoir la renommée de Poudlard (ni la prétention d’être aussi futé que le valeureux Dumbledore) ces réflexions pourraient vous aider à mettre des mots sur des choses qui échappaient jusqu’ici à votre conscient.  Rien de révolutionnaire, simplement une approche qui se veut plus pragmatique que poétique.

 

QUESTION DE CHANCE ?

N’est pas synchronisé qui veut, soit.  Si c’est une question de destin, à ce moment-ci, ne vous inquiétez pas, votre sort en est jeté.  Pour les autres, je vous propose une autre façon d’aborder le problème.  Prenons d’abord pour acquis que tout est aléatoire, mais qu’il est possible d’avoir un impact sur la probabilité qu’un événement survienne.  Certains aspects peuvent être manipulés dans le temps et dans leur forme, entraînant parfois certaines conséquences prévisibles (dans une certaine mesure du moins).  En d’autres mots, il est possible d’augmenter les chances d’avoir de « la chance ».

 

Créer de la valeur

Il a été question la semaine passée du fait que le timing pouvait augmenter la valeur du moment.  Or, la relation de cause à effet peut aussi se faire à l’inverse.  Il est possible d’augmenter sa valeur pour créer ou augmenter la perception de timing. Le principe est simple : plus votre valeur est élevée, plus le seuil de timing requis par l’évaluateur sera bas. À l’extrême, d’une façon purement théorique, le candidat parfait arriverait toujours au bon moment alors que le pire donnerait toujours l’impression d’arriver comme un cheveu sur la soupe.

Pour avoir une valeur plus élevée, on peut soit l’augmenter réellement ou la magnifier par le subterfuge jugé opportun à ce moment-là. Concrètement, cela peut vouloir dire d’aller chercher le niveau requis, voire bien au-delà des exigences de base.  Avoir une maîtrise en administration pourra convaincre davantage un employeur qui recherchait initialement un bachelier.  Plus subtilement, un célibataire pourrait apprendre la cuisine de façon à charmer une partie de la gent féminine sensible à cet aspect. Quant aux ruses à utiliser, on peut penser notamment au fait de nommer par la bande, le plus en subtilité possible, une qualité connexe à celles requises a priori.  Démontrer notre polyvalence en entrevue peut s’avérer être une bonne option par exemple.   Dans le monde du dating, rehausser sa “valeur” pourrait se traduire par l’amplification de certains traits de personnalité en fonction de la personne en face de vous.  Il ne s’agit pas de prendre la couleur de ce que l’autre désire, simplement de jouer sur la teinte… (à condition que cela soit dans votre palette évidemment)[2].

 

Définir le besoin d’autrui

S’il n’y a pas de besoin, nul besoin d’aller plus loin, le temps n’est plus.  Les chances sont que votre candidature, quelle qu’elle soit, tombe à plat.  Il faut donc arriver à savoir ce que la situation en question exige de vous.  Pour l’obtention d’un emploi, la tâche est plutôt simple, mais allez demander au père de famille au QI émotionnel limité qui tente de comprendre sa femme en montagnes russes s’il trouve la situation facile…  Si le besoin est indéfini, l’action optimale sera difficile à deviner.

Le plus simple demeure de s’informer, de communiquer.  Évidemment, cela demande de savoir demander et surtout d’écouter (sous toutes ses formes).  On ne réinventera pas la roue aujourd’hui puis-je vous rappeler.  Il s’agit tout simplement de savoir aller chercher l’information à la source si elle est disponible.  Il est à noter que cette source d’information ne sera pas toujours la personne concernée… Si l’info n’est pas disponible, il restera toujours la bonne vieille méthode d’essai/erreur.  Celle-ci sera vraiment efficace dans la mesure où les essais seront guidés et planifiés.  Être un mari attentif risque de combler davantage de besoins que d’être un mari colérique et violent par exemple.  Bien que cet exemple absurde soit une évidence, gardez en tête qu’il existe tout un continuum entre ces deux extrêmes et il existe des valeurs plus sûres que d’autres.

 

Créer le besoin

Une méthode un peu plus sournoise consiste à créer le besoin.  La logique est facile à suivre : vous désirez qu’un événement X survienne, mais on n’a nullement besoin de vous.  Soit vous abandonnez le projet, soit vous trouvez une façon de devenir utile.  Si vous arrivez à faire sentir à votre interlocuteur qu’il pourrait avoir besoin de quelque chose que vous possédez, vous venez de créer une fenêtre de temps où il pourrait juger que vous êtes la solution à son tout nouveau problème.  Félicitations!  À partir de rien d’autre que vos mots, vous avez créé… du timing!  Le procédé est simple à comprendre, mais plutôt compliqué à appliquer.  Cela demande souvent beaucoup de confiance en soi et des habiletés en lien avec la nécessité qu’on cherche à créer.

Imaginez que vous êtes une personne apte à bien saisir les subtilités des désirs des gens et que par un quelconque concours de circonstances, vous êtes en mesure d’offrir ce qu’ils cherchent, mais avec une plus-value que ceux-ci n’avaient pas prévue au départ.  Tout dépendant de la situation, différents choix  s’offrent à vous.

Vous pouvez vous imposer comme étant soudainement indispensable au projet en question.  Pas besoin de le faire à la méthode du mâle alpha qui écrase tout sur son passage.  Cela peut se faire en douceur.  Il suffit de guider l’évaluateur vers un raisonnement qui l’amènera plus souvent qu’autrement à penser comme vous le désirez.  Vous travaillez à votre compte dans le domaine du marketing et vous ciblez une jeune entreprise qui ne possède aucune connaissance dans votre domaine.  Avec un bon pitch de vente, si vous les convainquez d’avoir besoin d’une équipe marketing, les chances sont qu’ils vont vous choisir tout de go sans même vérifier s’il y a plus compétent que vous.  Après tout, l’idée vient de vous.

Une autre méthode consiste à offrir ce que vous avez de plus ou de différent des autres pour ensuite réduire la fréquence de vos comportements qui vous rendent si uniques.  Vous aurez deviné que celle-ci s’applique davantage aux relations interpersonnelles …  Si les dits comportements étaient appréciés, les chances sont que le manque que vous aurez également créé sera remarqué et l’offre ayant été diminuée, la demande sera augmentée.  Machiavélique diront certains.  D’autres diront que de jouer “avec les gens” est mal.  À mon avis, si vous vous jugez unique et que vous croyez qu’on gagne à vous connaître, cette manière de faire est tout à fait louable.  Après tout, le but de la quête est noble et bienfaisant … (on l’espère!)

 

Créer les opportunités:

Ce ne sont que des mathématiques ultimement.  Plus le nombre d’opportunités créées est grand, plus les chances augmentent que le synchronisme (et la synchronicité) soient au rendez-vous.  Les perfectionnistes ou utopistes vous diront fièrement que la qualité devrait primer sur la quantité.  C’est souvent vrai, mais c’est aussi souvent incomplet.  Il faut savoir jouer sur les deux.

On l’a vu plus tôt ou en tout cas, l’idée a été sous-entendue : à partir du moment où vous avez atteint le minimum requis en qualité, vous devriez considérer la possibilité d’augmenter la quantité plutôt que d’attendre le moment parfait… d’autant plus qu’il existe souvent plusieurs moments « parfaits » ou à tout le moins presque parfaits.

J’aime souvent utiliser la méthode qui suit pour juger d’une méthode par rapport à une autre : prenez des jumeaux (ou plus) identiques dans les mêmes conditions et comparez leurs résultats en fonctions des choix hypothétiques qu’ils font.

Par exemple, imaginez des triplés dans la fleur de l’âge cherchant à conquérir des jeunes filles au bar miteux du quartier.  Le premier tète sa bière et n’engage aucune conversation et se contente de dévisager maladroitement les filles présentant un certain intérêt.  Le deuxième se présente à au moins trois filles par soir et leur offre une bière.  Enfin le troisième met du GHB dans le verre de cinq filles chaque fois (pas les mêmes que son frère, bros before hoes) et les embarque dans son Westfalia spécialement aménagé pour l’occasion.  Bien que les choix de chacun puissent être discutables, les résultats ne font aucun doute.  Évidemment, le troisième frère a également joué sur la « qualité », mais considérant que son volume de rencontres est plus grand que celui des deux autres frères réunis, il aurait fort probablement, à armes égales, gagné son pari quand même.

On ne sait pas exactement si le troisième frère parle aux filles avant de les droguer, mais ce qu’on peut anticiper des deux autres frères est qu’au bout d’un an, le deuxième aura abordé des centaines de filles, alors que le premier n’aura que très peu d’expérience dans le domaine.  Sans trop se tromper, on peut s’avancer en présumant que #1 aura développé moins d’habiletés à saisir les nuances de la complexité féminine que #2.  Le cas échéant, ils ne seraient plus exactement identiques. La quantité peut donc augmenter la qualité.  C’est vrai pour les relations interpersonnelles et c’est aussi vrai dans l’envoi de CV ou dans les sports, etc.  

 

Créer l’illusion

L’humain est de nature influençable et paresseuse.  Être en accord demande moins d’énergie que d’être en désaccord.  Rajoutez à ça que l’humain a un faible pour le “beau”.  Tous ces éléments font en sorte que si vous affirmez ou insinuez à quelqu’un que le timing est bon, par défaut il aura tendance à vouloir vous donner raison.  Il tentera de faire le chemin nécessaire dans son esprit pour vous concéder le point. Cela sera d’autant plus vrai si l’idée que vous tentez de vendre a du beau. À ce stade-ci, n’importe quelle coïncidence peut faire l’affaire.  Évidemment, je ne vous encourage pas à mentir, mais plus visuellement imaginez que vous convoitez un poste à 8/10, mais que vous êtes conscient d’être à 6/10 dans l’échelle d’appréciation des têtes dirigeantes, le simple fait d’évoquer le fait que vous arrivez juste à temps pour les aider et inversement pourrait jouer dans leur esprit. Votre enthousiasme pourrait vous faire gagner du terrain.  Personne n’aime décevoir quelqu’un d’enthousiaste.  Et l’effet est encore plus évident dans les relations interpersonnelles.  Pour ajouter a la beauté d’un moment, quoi de mieux que de vendre l’idée comme quoi quelque chose de magique ou de syncro est en train de se passer.  Plus la personne vous apprécie, plus elle sera encline à faire de la gymnastique dans son esprit pour trouver une façon de donner du sens à ce que vous venez de lui dire.  Sans dire que j’encourage la méthode, celle-ci a au moins le mérite d’ajouter à l’intensité du moment.

 

Food for thoughts

À des fins de concision (…), j’ai tenté de garder les exemples au plus simple et bien que certains aient pu paraître à la limite simplistes, je vous invite à les voir comme étant le début d’une réflexion seulement.  Je suis d’avis que chaque situation est unique et qu’elle mérite qu’on la contemple dans toutes ses nuances.  Sur-analyser des situations hypothétiques aurait été inutile et inutilement lourd.  Je crois néanmoins que de morceler la problématique de la sorte permet d’agir avec plus de direction et d’efficacité.  J’ai volontairement ignoré les sports dans mes exemples étant donné que le traitement de l’information est quelque peu différent, notamment de par la nature changeante de ceux-ci (sports de précision, d’équipe, duel, etc.).

Je ne sais pas encore si je vais enchaîner directement avec la troisième partie portant sur le timing dimanche prochain, mais si c’est le cas, prévoyez au menu : les erreurs communes, la difficulté à évaluer et la possibilité de s’ouvrir soi-même à des événements plus “chanceux”.  D’ici là, continuez de pratiquer vos nouveaux tours de magie, peut-être que l’on vous offrira de joindre les rangs de Serpentard …

“Vous finirez à Serpentard
Si vous êtes plutôt malin,
Car ceux-là sont de vrais roublards
Qui parviennent toujours à leurs fins.” ♫


[2] Sera d’ailleurs le sujet d’un autre article prochainement

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